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Mini REVALORISATION et avec des CONTREPARTIES !

jeudi 13 février 2020

Le projet d’utilisation des 500 millions d’euros affectés à la revalorisation des enseignant-es a été dévoilé par le Ministère. Des propositions pas à la hauteur et non sans contreparties...

Dans le cadre d’une réforme des retraites qui ferait perdre plus de 600 euros de pension mensuelle moyenne aux générations nées après 1975, les propositions du ministère pour 2021 se situent dans le cadre étriqué d’une somme globale de 500 millions pour plus de 900 000 personnels concernés…

Le ministre souhaite répartir ce budget entre :
- une "prime d’attractivité du métier",
- l’amélioration d’accès à la hors-classe et la classe exceptionnelle
- le paiement d’heures de formation continue sur les vacances, parfois obligatoires
- des heures supplémentaires consacrées aux remplacements de courte durée dans le 2nd degré.

Au final, seuls 200 millions d’euros seraient alloués à la mesure de "revalorisation", uniquement indemnitaire.
Dans les 4 scénarios dévoilés, la mise en place de cette « prime d’attractivité du métier » serait dégressive avec l’ancienneté dans la carrière.
Son montant serait variable en fonction du nombre de personnels concernés, la volonté du ministère étant de valoriser en premier lieu les débuts de carrière. Selon les projections, elle pourrait aller de 156€/mois en début de carrière... à rien du tout dès le 6ème échelon dans le premier scénario.

Une bien maigre revalorisation

Même si cette première concrétisation est à mettre complètement à l’actif des mobilisations enseignantes depuis le 5 décembre dernier, elle reste complètement corrélée par le gouvernement à la question des retraites. Elle ne correspond pas à la hauteur du déclassement salarial que subissent les enseignantes et les enseignants français et ne concerne pas l’ensemble des enseignant-es. Aussi, le choix du ministre d’une enveloppe multi-usages n’est pas acceptable.

Ainsi, en ne s’engageant que sur une première enveloppe de 500 millions et sur une loi de programmation pluriannuelle sur cinq ans débordant la mandature actuelle et avec, a priori, 500 millions supplémentaires chaque année, le ministère n’affiche même plus l’objectif des 10 milliards qui avait pourtant été annoncé plusieurs fois face caméra.

On est loin pour l’instant de la mise en œuvre d’une véritable loi de programmation pluriannuelle ambitieuse permettant de revaloriser très rapidement l’ensemble de la profession et d’améliorer fortement l’attractivité du métier.
Et que dire de la mise en place d’un «  travailler plus pour gagner plus », alors même que la revalorisation devrait entièrement porter sur la reconnaissance de la réalité du travail visible comme invisible qui n’est plus à démontrer dans la profession.

Une revalorisation en forme de leurre pour modifier le métier ?

Ces annonces sur la revalorisation ont été précédées de trois ateliers de travail au ministère revisitant les missions des personnels enseignants avec l’idée d’évoluer vers une « meilleure gestion des ressources humaines ». S’il est vrai qu’en la matière la marge de progrès est conséquente pour ce ministère-employeur, ses objectifs sont en contradiction avec ce qui fait la culture du métier.

« Individualisation des carrières », « développement des postes à profil  », «  introduction de la direction d’école dans la chaine hiérarchique », autant d’objectifs plus ou moins avoués qui viennent donner une couleur managériale bien éloignée des valeurs de l’école et surtout de ses besoins pour améliorer la réussite de tous les élèves.

Développer les collectifs de travail ne peut consister à imposer des pratiques et des fonctionnements, comme peut le laisser à penser la recherche d’un « meilleur pilotage » cher à ce ministre…

NOTRE AVIS : Contrairement au SGEN-CFDT et à l’UNSA, nous sommes convaincus que le sujet de la revalorisation du métier enseignant doit être déconnecté du dossier des retraites. Ce métier ne s’exerce pas au mérite. Il mérite tout au contraire une véritable reconnaissance financière pour en améliorer ses conditions d’exercice et d’attractivité et ce sans aucune contrepartie supplémentaire. Il reste encore bien du chemin à faire. Le bras de fer avec le Ministère continue...
Le SNUipp-FSU continue sa mobilisation pour le retrait du projet de cette reforme des retraites ET une vraie revalorisation salariale.

A lire aussi :
- Revalorisation DES SALAIRES : nos revendications

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