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MANCHE : Scolarisation des PS et Conditions de travail

jeudi 14 novembre 2019

Suite à la demande du SNUipp-FSU 50, nous avons été reçus en audience par la DASEN, Mme Vilacèque. Nous avions sollicité cette entrevue afin d’échanger sur la scolarisation des enfants de 3 ans et sur les conditions de travail des enseignants.

par Virginie Laisné, Lydie Ador, Sandrine Aubry, Jérôme Dutron

Scolarisation des 3 ans

Suite à la loi d’obligation d’instruction des enfants de 3 ans, 635 demandes d’aménagement ont été faites en ce début d’année.

Nous avons fait remarquer à la DASEN le décalage entre la circulaire ministérielle sur l’aménagement d’obligation d’assiduité en petite section et la déclinaison départementale qui en a été faite.

En effet, dans la circulaire ministérielle, la demande d’aménagement est valable pour l’année scolaire sauf demande de modification de celle-ci par les parents.
Pourtant, dans la Manche, les demandes faites n’étaient valables que pour la première période, avec nécessité de faire une équipe éducative pour prolonger celle-ci jusqu’en décembre.

Madame Vilacèque explique cette déclinaison départementale par un calendrier tardif et reconnait que ce sont bien les conditions de la circulaire qui s’appliquent. Même si elle incite les équipes à faire en sorte d’être vigilantes aux situations d’aménagement pour que le temps de scolarité à temps plein se fasse le plus vite possible, seuls les parents doivent être à l’initiative de l’arrêt de la dérogation.

Elle rappelle toutefois que tout retour à temps plein à l’école doit être stipulé par écrit et signé des parents.

A notre demande, Madame Vilacèque s’est engagée à clarifier cette situation en envoyant un mail dans toutes les écoles.

Conditions de travail

Au mois d’octobre, le SNUipp-FSU 50 avait écrit une lettre ouverte à la DASEN afin d’attirer son attention sur le choc ressenti par la profession suite au geste tragique de notre collègue de Seine-Saint-Denis, Christine Renon.

Nous lui avons fait part de notre insatisfaction quant à son silence suite à cet écrit et son manque de communication envers les collègues du département.
Elle justifie ce silence en argumentant que la réponse du Ministre n’appelait pas d’intervention locale de sa part.

Nous avons alors échangé sur le mal-être des enseignants au travail.
Nous avons mis en avant les difficultés du travail des directeurs, la surcharge de travail engendrée par la multiplicité des tâches qui incombent à notre métier, les décalages entre les missions actuelles de professeur des écoles et celles à notre entrée dans le métier, les difficultés générées par l’inclusion (situations difficiles engendrant de la souffrance et un sentiment d’incompétence et d’insatisfaction professionnelle…) et les mauvaises conditions de celle-ci (manque de formation, de moyens humains et financiers ..) . _ Nous avons insisté sur le manque de solution et de soutien apportés par l’Administration aux enseignants qui restent fragilisés et marqués par des situations difficiles.
En effet, nous déplorons que la seule solution proposée soit la cellule d’écoute de la MGEN.

En ce qui concerne le travail des directeurs, les seules propositions de la DASEN sont les axes de travail avancés par le Ministre lors du comité technique ministériel de ce jour (voir article sur la direction).

Face à nos remarques concernant les difficultés de mise en place de l’inclusion, Mme Vilacèque tient à féliciter les enseignants du premier degré quant à la qualité de leur travail et à l’évolution de leurs pratiques. Elle fait part des propos positifs tenus par les IEN à l’égard des enseignants.
Nous lui faisons remarquer que ces remontées positives n’arrivent pourtant que très rarement jusqu’aux collègues !

Elle admet les difficultés induites par les enfants ayant des troubles de la conduite et du comportement et reconnaît que cela puisse déstructurer les enseignants.
Elle ajoute qu’au niveau national, le Ministère a pris conscience que «  l’école ne sait pas faire ». Nous précisons que, pourtant, nous « faisons  » depuis 15 ans !
Pour pallier à ces manques, pourtant existants depuis la loi 2005 sur l’inclusion, quelques tentatives sont enfin envisagées dans le département : rapprochement avec l’ ARS (Agence Régionale de Santé), mise en place de dispositifs d’équipes mobiles ayant pour mission le conseil et l’expertise auprès des enseignants.

De façon générale, pour faire face aux difficultés rencontrées par les équipes et avant que celles-ci ne s’aggravent, Mme Vilacèque conseille aux enseignants de solliciter très rapidement l’équipe de circonscription, qui a eu la chance de bénéficier de deux jours de formation. Le SNUipp-FSU 50 a demandé à ce que cette formation soit étendue à tous les enseignant-e-s et personnels AESH.
Il est grand temps, après 15 ans d’inclusion, de soutenir et donner aux enseignants les moyens de mieux vivre les évolutions de leur métier !

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