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LA PAROLE DES ENSEIGNANTS DE LA MANCHE

mardi 16 août 2016

Nous avons lancé en fin d’année scolaire un sondage auprès des enseignants du département afin qu’ils donnent leur avis sur leur métier. En voici le résultat. Le plus éloquent reste les extraits des commentaires qui nous ont été écrits... Nous en tirerons les lignes directrices de nos futures revendications auprès de la Direction Académique.

L’ANNÉE SCOLAIRE QUI VIENT DE S’ÉCOULER


Votre AVIS GLOBAL sur cette année scolaire :
- 43 % positif
- 57 % négatif

Votre CHARGE de travail :
- 10 % Correcte
- 78 % Pesante
- 12 % Insupportable

Vos CONDITIONS matérielles de travail :
- 67 % Correctes
- 26 % Pesantes
- 7 % Insupportables

La relation avec les ÉLEVES :
- 41 % Agréable
- 39 % Correcte
- 20 % Pesante

La gestion de la DIFFICULTÉ scolaire ou du HANDICAP :
- 5 % Aisée
- 73 % Complexe
- 22 % Insoluble

Votre REMUNERATION :
- 24 % Correcte
- 66 % Insuffisante
- 10 % Très insuffisante

La RECONNAISSANCE de notre métier :
- 8 % Correcte
- 87 % Insuffisante
- 5 % Très insuffisante

La FORMATION continue (FOAD…) :
- 2 % Satisfaisante
- 29 % Passable
- 69 % Insatisfaisante

Les APC, vous souhaitez :
- 11 % leur maintien
- 24 % une évolution
- 65 % leur suppression

Le contenu des TAP pour les élèves :
- 51 % Satisfaisant
- 34 % Insatisfaisant
- 15 % Très mauvais

L’EMPLOI DU TEMPS de votre école :
- 57 % vous convient
- 43 % ne vous convient pas

Vos relations avec votre IEN :
- 21 % Utiles
- 79 % pas utiles
- 59 % cordiales
- 41 % pas cordiales
- 46 % rares
- 54 % pas rares

A lire aussi : L’avis des enseignants de la Manche sur les Nouveaux Rythmes Scolaires

LES COMMENTAIRES DES COLLEGUES

Les charges de direction sont incompatibles avec une gestion de classe. Le temps de partage entre collègues devient inexistant. Les nouveaux rythmes ne font qu’empirer les choses avec une fatigue accrue des élèves (qui n’apprennent plus car plus disponibles le soir) et pour les enseignants (qui n’ont jamais été aussi fatigués ! Les remplacements ne sont plus systématiques. La formation est inexistante, se résumant à du remplissage d’horaire et inutile. Les 108 h sont un fourre-tout et déjà utilisées avant Noël !

Le manque de remplaçants fait que nous avons été beaucoup sollicité cette année et parfois avec beaucoup de route à faire. Problème dans la continuité des remplacements : jours de remplacement non continus sur une semaine (lundi, mercredi, vendredi) et personne le reste de la semaine ... Plus l’année avance et plus ces situations deviennent fréquentes …

J’étais à temps partiel, aussi c’est difficile de se plaindre pour la charge de travail. Mais j’appréhende l’année prochaine (retour à 100 %).

Le matériel numérique était précaire et la photocopieuse est toujours en panne.

Pour la reconnaissance du métier, c’est surtout qu’on a très peu de mercis lorsqu’on fait un projet particulier (par exemple une classe de neige), mais dès qu’on a une petite augmentation après plusieurs années de gel, là on a plein de réflexions. Alors que vu les salaires des enseignants et des directeurs en Europe, on est bon marché, et il y a pas mal de salariés du privé qui gagnent plus que nous avec les primes et un 13ème mois, même sans qualification particulière (en tout cas pas avec un bac +4 ou bac +5).

La seule et unique satisfaction : voir ses élèves progresser, s’épanouir et venir à l’école avec le sourire !!! Sur ma circo, la formation est inexistante, il n’y a aucune dynamique, on se sent un peu seul avec ses problèmes... vivement l’année prochaine !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Le découpage des 5 périodes de l’année scolaire est insupportable, on nous fait de grands discours sur l’aménagement du temps de l’enfant sur la semaine et on fait n’importe quoi au niveau du découpage de l’année scolaire ! Il me semble pourtant que l’un et l’autre sont indissociables.

Une fin d’année des plus difficiles ! La dernière période très longue additionnée avec l’augmentation de la journée de l’enfant : les élèves sont exténués et nous aussi ! Tous les élèves sont en TAP ! A quand une vraie amélioration des rythmes "scolaires" avec une vraie réduction de la journée et un réel équilibre de l’année. Comment ose-t-on parler d’amélioration du rythme scolaire tout en maintenant 11 à 12 semaines non stop en fin d’année !

On parle d’alléger la direction mais c’est de pire en pire ! Les 108 heures sont le prétexte four tout pour rajouter aux directeurs de nombreuses réunions : PEDT, réunion directeurs, formation.... Le projet d’école soit disant plus facile à rédiger est inextricable et la saisie complexe et illisible ! On nous annonce que le livret de progrès doit être prêt pour septembre... Sur quel temps ? Encore les 108 heures !!!!! Encore une année ou rien n’a bougé pour la direction d’école (salaire, temps, aides, accompagnement, formation...) sauf que la charge s’est encore alourdie !

Depuis les TAP, la semaine s’est alourdie (4h de plus de travail par semaine : 10 minutes d’accueil par ci par là ; temps de transport, un emploi du temps avec des coupures de 2h15 pire que dans les supermarchés ..…)

Les journées sont aussi longues pour les élèves et pour les enseignants, la fatigue supplémentaire du à des calendriers nationaux ne respectant pas 7 semaines de travail, 2 semaines de vacances (et on parle de rythme !)

La relation avec les élèves se dégrade dans le sens que les élèves ne sont pas plus réceptifs, bien au contraire : moins de concentration, moins de mémorisation.

Les réunions avec l’inspecteur se font sans ordre de mission, sans frais de déplacement et pris sur un temps d’équipe (qui devient alors insuffisant)

Un projet d’école à écrire (l’école a très bien fonctionné sans projet d’école) : il est trop guidé et les enseignants ne peuvent pas s’y investir.

Aucune formation continue, un scandale. Ne parlons pas de la FOAD : une animation suite à la FOAD, proposée à 32 km de son école après une journée scolaire !

Nos conditions de travail sont correctes mais il faut dépenser beaucoup d’énergie pour les conserver.

Des absences en maternelle non remplacées : le manque de remplaçant ou/et manque de considération pour la maternelle est à suivre car c’est du jamais vu.

Les remplacements se sont allongés aussi bien sur la durée que sur la distance, ce qui a des avantages, mais aussi des inconvénients.

Si besoin et surtout dès que ça l’arrange, l’administration n’hésite pas à reconvertir en ZIL des titulaires brigade alors qu’ils sont déjà en poste, ce qui est inadmissible (on déshabille Pierre pour habiller Paul). Dans ces cas-là, la pédagogie ne compte pas ce qui est bien dommage...

On court après le temps, on arrive HS aux vacances. La semaine de 4 jours et demi n’est pas étrangère à ce sentiment et à cette fatigue car la classe est difficile à gérer (enfants fatigués et agités). Pour avoir tout expérimenté et l’avoir déjà vécu, c’était à prévoir...

Je ne sais pas pourquoi mais cette année il y a beaucoup de travaux que je n’ai pu réaliser par rapport à l’année dernière. Est-ce le rythme des pondérations sur le REP ? Le découpage de l’année scolaire ? La disponibilité fluctuante des enfants qui oblige à étaler le travail ? Bon nombre de mes collègues ont fait le même constat…

Les budgets des communes sont à la baisse.

Contrairement à ce que peut penser tout un chacun, nous avons un travail très très prenant : du lundi matin au dimanche soir, on ne pense qu’à cela et on ne fait que cela.... plus de loisirs.... c’est dur, c’est dur.…

Aucun aménagement de fin de carrière (la possibilité d’avoir un 80% non annualisé).

Les conditions de travail se degradent d’annee en annee : toutes les évolutions montrent qu’on va vers un désegagement de l’état dans l’éducation nationale. Toutes les réformes visent à faire des économies et dramatiquement les intérêts des communes et de l’état convergent. C’est bientôt la fin de l’école de la République.....

Les enfants sont fatigués et surmenés, fatigables et ont des difficultés à se concentrer.

La gestion des élèves particuliers avec des troubles du comportement nous prend énormément de temps : des bilans, des rapports pour signaler des dérapages, les contacts avec les familles, les travailleurs sociaux ...., nous pompent une quantité d’énergie inimaginable, est très dommageable à la vie de classe et aux élèves qui suivent leurs camarades parfois plusieurs années et subissent comme nous cette violence en permanence. A cela s’ajoutent les exigences de administration, changement de programme trop fréquents, ce qui veut dire changement de livret, de progression, de programmation .... Plus la carte scolaire qui met la pression tous les ans ça épuise !!!

Plus de maîtres par école : oui, quand ?

Avis global positif car l’équipe enseignante (ainsi que les agents) s’entend bien, souhaite travailler ensemble, ne compte ni ses heures ni sa peine.... Les retours sont bien maigres et les enfants dans des problématiques de plus en plus complexes, mais bon.…

Les APC ne servent à rien (de plus ils sont proposés en même temps que les TAP !)

Sur un poste de psychologue scolaire (...) j’ai fait au minimum 150km par jour ! Je ne suis pas commerciale ! Mes journées dépassent les 10h par jour hors de mon domicile. Sans matériel adapté (pas d’ordinateur) je suis obligée de travailler le soir (lecture des mails des collègues et rédaction des rapports de bilans et de visite des enfants) avec des journées continues (repas avec les enseignants pour faire le bilan des visites ou rendez-vous avec les parents sur le temps du midi ou en début de soirée).

La lourdeur des tâches de direction couplée au travail dans une classe, est pesante. Le temps de décharge est insuffisant. 1/2 décharge à partir de 5 classes semble un minimum pour faire correctement le travail et assurer le lien avec les différents partenaires.

La semaine de 4 jours 1/2 est épuisante, pour tous. Aucun bénéfice constaté.

Marre de remplir des cases (projet d’école complètement dénaturé). Marre du manque de remplaçants. Marre de la FOAD, marre de ne pas pouvoir échanger avec les collègues lors de vraies formations. Marre des mails qui restent sans réponse (à l’IEN et aux services du DASEN). Je suis dépitée par les consignes "attentats" (des exercices de sécurité +++ et du conditionnement d’élèves) et les tentatives de soubresauts citoyens pitoyables (pavoisement des édifices publics pour des journées commémoratives intempestives).

Fatiguée…

La relation avec les parents est toujours délicate. Les enfants sont épuises avec la nouvelle reforme et deviennent ingérables dans les classes. Le calendrier scolaire trop long en fin d’année. Les Réunions d’informations syndicales devraient être sur le temps de travail. Nos conditions de travail se sont dégradées avec le mercredi en plus. Seul point positif, l ’augmentation de ISAE et le changement de grilles en 2020.

De plus en plus de temps à faire des papiers (PPRE, préparation d’ESS et d’équipes éducatives, relations avec des professionnels qui prennent en charge les enfants à l’extérieur...)

Trop d’heures de travail en plus du temps scolaire. Pas de reconnaissance des parents. RAS LE BOL.

Les conditions des uns ne sont pas celles des autres et pour ma part je n’ai pas à me plaindre, même si notre mission reste conséquente ! LE bémol de cette année scolaire c’est cette dernière période totalement inadaptée, incohérente... et j’en passe !

Cette année, avec plusieurs collègues, nous avons commencé à fouiller la pédagogie Montessori (…) mais sans soutien particulier de l’inspection qui continue à nous abreuver d’animations pédagogiques inintéressantes.

Le plus compliqué, ce sont les parents... Ils n’ont aucun respect pour notre travail, ils adoptent pour leurs enfants des rythmes de vie impossible, ils mentent, manipulent, arrangent la vérité. C’est ça le gros point noir de l’année... Les parents d’élèves, notre manque de moyen de se faire respecter par eux, et l’impression que l’inspection sera d’abord de leur côté, sans faire confiance à ses agents...

Cette année la mise en œuvre des nouveaux programmes de maternelle a été chaotique entre les vœux pieux et la réalisabilité…

(…) Nos IEN n’en n’ont que faire de nous tant que le bateau ne prend pas l’eau qu’on garde nous enseignant la tête ou non en dehors de l’eau. Une supérieure hiérarchique ? non un fantôme !!!!! Fermez vos gueules faites au mieux avec les moyens du bord et vogue la galère.

Nous manquons cruellement de temps de concertation en équipe : pourquoi les collègues du secondaire ont eu le droit de se libérer des journées entières pour travailler sur les nouveaux programmes et nous non ?!!!

Il faudrait faire le bilan de la formation continue qui a lieu le soir en semaine de 5 à 7 après une journée de classe, et avant de finir de préparer la suivante !

On a beson d’une médecine du travail digne de ce nom.

Les rythmes scolaires sont inadaptés aux maternelles.

Enseignante en cycle 1, les nouveaux programmes ont amenés de nombreuses remises en cause , heures de concertation , pertes de temps pour trouver les infos sur les sites ( trop de ramifications, manque de docs synthétiques ). Et la semaine de 4 jours1/2 n’apporte rien au cycle 1 en dehors d’un excès de fatigue et les TAPs (même si les personnes responsables font pour le mieux, cela n’apporte pas grand chose surtout dans les petites communes.)

Une dernière période beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup trop longue : des enfants épuisés en cette fin d’année, qui ne se supportent plus. Des semaines très (trop) longues du fait des 4 jours et demi.

Souhait express : revenir à la semaine de 4 jours avec des vacances intermédiaires réduites mais que l’on arrête de courir sans cesse !!!

L’intégration des élèves relevant du handicap étant tellement lourde à gérer qu’il est impossible de s’occuper correctement des autres élèves.

15 ans d’ancienneté, je n’ai jamais autant travaillé, préparé de ma vie. Je me vois obligée de demander un temps partiel pour rester en bonne santé et mieux préparer ma classe !

Pas d’aide malgré notre demande pour la conception des livrets de progrès de maternelle.

Complètement démunis face aux enfants en situation de handicap une exigence grandissante de l’institution sans moyens supplémentaires (temps, aide....)

J’ai l’impression de courir tout le temps ; de ne pas approfondir les choses ; de "boycotter" le travail scolaire de mes enfants pour la préparation de ma classe.

On ne voit jamais notre IEN ! Ni à la rentrée, ni pour le départ en retraite d’un collègue ... C’est dommage.

Impuissance programmée : culpabilisation et retrait de la part de l’état. Désertification.

Le longueur de la dernière période est délirante !!! Les enfants sont fatigués, il n’en peuvent plus. Où est le bénéfice pour les enfants ? Pourquoi faire la semaine des 4 jours et demi et faire des périodes sans prendre en compte les rythmes de l’enfant. La semaine des 4 jours et demi ne permet pas une meilleure réussite de l’enfant.

Classe lourde, nombreuses tâches de direction inutiles....

De plus en plus de sollicitations de toutes parts : Inspection académique et rectorat demandent beaucoup de choses inutiles (enquêtes, amiante, carnet de bord…). Le Projet d’école est inutile et compliqué.

Je n’arrive pas m’adapter aux nouveaux rythmes scolaires. Dans notre école, les TAP sont le vendredi après midi. Les journées ne sont pas allégées, et on ne peut plus souffler le mardi soir et le mercredi. Le vendredi midi, je suis peu efficace l’après midi. La fatigue causée par ce rythme se transforme en épuisement, et je n’arrive plus à travailler le soir, surtout en fin de période et ne suis pas du tout satisfaite de mon travail.

Belle année, malgré une charge travail considérable. Des relations humaines renouées et de beaux projets menés en commun…


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