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Quelles priorités pour les PE ? Résultat de l’ENQUETE

mardi 3 décembre 2013

80% des enseignants des écoles qui souhaitent une autre réforme des rythmes que celle aujourd’hui mise en œuvre, 71% qui ne voient pas une véritable priorité au primaire : tels les principaux enseignements d’un sondage Harris pour le SNUipp...


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ENQUETE :
L’AVIS DES
ENSEIGNANTS


Deux chiffres retiennent particulièrement l’attention.

Concernant les rythmes scolaires, 80% des enseignants des écoles déclarent souhaiter qu’une réforme soit effectivement menée, mais pas sous la forme conduite par le ministre.
Par ailleurs, trois professeurs des écoles sur quatre considèrent que l’école primaire n’est pas aujourd’hui une véritable priorité du gouvernement.

Deux chiffres qui montrent à quel point une généralisation de cette réforme à marche forcée n’est pas possible, qu’il est aujourd’hui indispensable d’ouvrir des discussions pour une réécriture du décret, des chiffres qui montrent aussi que les priorités pour l’école sont ailleurs : dans ce qui se passe sur le temps de classe.
Et cela passe par un allègement des effectifs, un réel déploiement du « plus de maîtres que de classes » pour permettre aux élèves de travailler en petits groupes, par des personnels spécialisés pour les aider sur le temps scolaire, des remplaçants en nombre suffisant, par du temps pour travailler ensemble et une solide formation continue.

C’est pour porter ces exigences et ces priorités que les enseignants des écoles seront en grève le 5 décembre.

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Sondage Harris-SNUipp - Décembre 2013

Commentaire détaillé

Alors que la réforme des rythmes scolaires a été mise en place dans 4 000 communes dont Paris , Nantes et Toulouse en septembre ( soit 11% des communes et 22% des élèves ) et que les autres communes préparent ce changement pour la rentrée 2014 , marquant ainsi un retour à la semaine de quatre jours et demi, le SNUipp a souhaité interroger les enseignants d’école primaire sur leur perception de l’école aujourd’hui et leur sentiment à l’ égard de la réforme  :
- l’école maternelle et élémentaire fonctionne-t-elle bien selon eux  ?
- Sont-ils satisfaits des différentes dimensions qui composent leur métier et comment celles-ci ont-elles évolué à leurs yeux depuis l’élection présidentielle  ?
- Ont-ils le sentiment que l’école primaire est une priorité du Gouvernement  ?
- Enfin, comment perçoivent-ils la réforme des rythmes scolaires initiée par Vincent Peillon et l’action des syndicats dans le cadre de cette réforme  ?

Que retenir de cette enquête  ?

Une impression globale que l’école primaire fonctionne moins bien qu’avant, même si le rapport avec les élèves apporte satisfaction à la majorité des enseignants Lorsqu’on leur demande d’évaluer le fonctionnement de l’école primaire aujourd’hui, les ens eignants se montrent assez partagés  : 62% estiment ainsi que l’école maternelle fonctionne bien (contre 33% «  fonctionne mal  ») mais seuls 41% partagent cet avis pour l’école primaire (contre 55%).
Ces proportions marquent une nette dégradation par rapport à l’automne 2012 (-10 et -11 points)

Dans le détail :

Les professeurs des écoles se montrent surtout satisfaits de leurs rapports avec les élèves (93%), leurs collègues (91%) et dans une moindre mesure les parents d’élèves (81%). L’organisation de la s emaine de travail et les effectifs enseignants dans leur école divisent davantage (52% et 51% «  satisfaits  » contre 47% et 48% «  pas satisfaits  ») alors que l’ensemble des autres éléments testés suscitent majoritairement l’insatisfaction  : temps de travail , rapports avec la hiérarchie, nombre d’élèves par classe, conditions de travail (environ un tiers de satisfaits) et encore plus nettement  : perspectives de carrière, programmes au primaire, salaire et formation continue (moins de 20% de satisfaits).

Une réforme des rythmes scolaires qui ne suscite pas le consensus dans un contexte où les enseignants n’ont pas le sentiment que l’école primaire est une priorité du Gouvernement S euls 29% des professeurs des écoles considèrent que l’école primaire est aujour d’hui une véritable priorité du Gouvernement de Jean-Marc Ayrault, les enseignants ayant le moins d’ancienneté (35%), les directeurs (37%) et les syndiqués (32%) étant un peu plus positifs que la moyenne sur ce point.

A l’exception des effectifs d’enseig nants, ils estiment d’ailleurs plus souvent que les différents aspects de leur métier ont connu une dégradation plutôt qu’une amélioration depuis l’élection présidentielle , et en particulier l’organisation de la semaine de travail (54% «  s’est dégradée  »), le temps de travail des professeurs des écoles (48%) et leurs conditions de travail (46%) , notamment en maternelle et dans les écoles qui ont appliqué la réforme en 2013 . Concernant la réforme des rythmes scolaires initiée par le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, seuls 6% indiquent y être favorables dans sa forme actuelle . 80% indiquent en effet souhaiter qu’une réforme des rythmes scolaires soit faite mais sous une autre forme que celle proposée par le ministre quand 14% se déclarent o pposés à toute réforme des rythmes. On remarque cependant que les enseignants en élémentaire , ceux ayant le plus d’ancienneté, les directeurs et surtout ceux dont l’école a déjà mis en place cette réforme en 2013 lui sont un peu plus favorables que la moye nne .

Des syndicats d’enseignants appréciés, qui défendent de bonnes idées dans le cadre de la réforme selon une majorité d’enseignants qui ont pour autant le sentiment qu’ils sont un peu débordés par la situation

Alors que l’on observe une forme d ’insatisfaction quant à la situation actuelle de l’école primaire et un manque de consensus sur la question des rythmes scolaires, les syndicats d’enseignants conservent une bonne image auprès des professeurs des écoles . 64% des répondants indiquent en eff et avoir une bonne image de ces syndicats en général et 69% du SNUipp en particulier. Près de sept sur dix estiment d’ailleurs qu’ils défendent de bonnes idées et qu’ils ne sont pas trop systématiquement dans l’opposition aux propositions du Gouvernemen t même si une courte majorité (52%) les jugent «  débordés par la situation  » et qu’ils appellent de leurs vœux un plus grand dynamisme (48%) et une meilleure unité (65%). Opinions meilleures auprès des syndiqués sans que l’on relève de clivage.